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Conformément à l'engagement ferme du gouvernement envers le développement durable, les ministres s'attendent à ce que les projets de politiques, de plans et de programmes des ministères et des organismes tiennent compte, s'il y lieu, des effets environnementaux potentiels.
Plus particulièrement, les ministres s'attendent à ce que l'évaluation environnementale stratégique d'un projet de politique, de plan ou de programme soit menée lorsque les deux conditions suivantes sont réunies :
Les ministères et les organismes sont également encouragés à tenir une évaluation environnementale stratégique à l'égard d'autres projets de politiques, de plans ou de programmes, si les circonstances le justifient. Une initiative peut être choisie aux fins d'évaluation afin d'aider à mettre en œuvre les objectifs de développement durable des ministères ou des organismes, ou s'il y a de fortes préoccupations du public concernant des conséquences possibles sur l'environnement.
Les ministres s'attendent à ce que l'évaluation environnementale stratégique tienne compte de la portée et de la nature des effets environnementaux probables, de la nécessité de mesures d'atténuation pour réduire ou éliminer les effets négatifs, ainsi que de l'importance probable de tout effet négatif sur l'environnement, tout en prenant en compte les mesures d'atténuation. L'évaluation environnementale stratégique devrait contribuer à l'élaboration de politiques, de plans et de programmes au même titre qu'une analyse économique ou sociale; le niveau d'effort déployé dans l'analyse des effets environnementaux potentiels devrait correspondre au niveau des effets environnementaux prévus. Les facteurs environnementaux devraient être entièrement intégrés dans l'analyse de chacune des options élaborées aux fins d'étude, et la décision devrait intégrer les résultats de l'évaluation environnementale stratégique. Les ministères et les organismes devraient utiliser, dans la mesure du possible, les mécanismes en place pour faire participer le public, s'il y a lieu. Les ministères et les organismes devront préparer une déclaration publique sur les effets environnementaux lorsqu'une évaluation détaillée des effets environnementaux a été menée au moyen d'une évaluation environnementale stratégique. Ainsi, les intervenants et le public auront la certitude que les facteurs environnementaux ont été pris en compte de façon appropriée lors de la prise de décisions.
Le gouvernement du Canada s'est engagé envers l'objectif du développement durable. Les décideurs à tous les niveaux doivent être en mesure de tenir compte des facteurs économiques, sociaux et environnementaux afin de prendre des décisions éclairées visant à appuyer le développement durable.
L'évaluation environnementale de projets de politiques, de plans et de programmes constitue une évaluation environnementale stratégique. Elle vise à intégrer des facteurs environnementaux dans l'élaboration de politiques publiques et de décisions stratégiques. L'évaluation environnementale stratégique vise également à renforcer la responsabilisation et à renforcer la confiance du public dans le fait que les décisions du gouvernement fédéral sont prises en tenant entièrement compte des incidences potentielles sur l'environnement.
L'évaluation environnementale stratégique permet d'aborder très tôt les considérations environnementales à l'étape appropriée de la planification, tout comme les facteurs sociaux et économiques.
En se penchant sur les considérations environnementales potentielles lors de l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes, les ministères et les organismes seront plus en mesure :
Le présent document a été rédigé afin de fournir des lignes directrices aux ministères et aux organismes fédéraux sur la mise en œuvre de la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes.
La directive représente la politique officielle sur l'évaluation environnementale stratégique du gouvernement du Canada. Ainsi, tous les ministères et organismes du gouvernement du Canada qui élaborent des projets de politiques, de plans et de programmes doivent mettre en œuvre la directive conformément aux présentes lignes directrices. Les organismes centraux, y compris le Bureau du Conseil privé, le ministère des Finances et le Secrétariat du Conseil du Trésor, se sont engagés à collaborer avec les ministères et organismes fédéraux au cours de l'élaboration de ces documents du Cabinet pour s'assurer que la directive a été entièrement prise en compte.
Ce document aidera :
Le document :
Les ministères et les organismes sont encouragés à élaborer des documents d'orientation supplémentaire pour appuyer leurs besoins particuliers.
Les lignes directrices suivantes résument les rôles et les responsabilités des principaux intervenants dans le processus d'évaluation environnementale stratégique.
Lorsque des politiques, des plans ou des programmes sont présentés au Cabinet, les ministres doivent, de manière concertée, s'assurer que les décisions prises tiennent compte entièrement des répercussions de l'initiative proposée sur l'environnement.
Le ministre ou les ministres promoteurs sont responsables de veiller à ce que les facteurs environnementaux de l'initiative proposée soient entièrement pris en compte dans le projet.
Dans le cadre de leurs fonctions :
Le ministre joue un rôle de chef de file dans l'établissement du cadre de travail environnemental du Canada et dans la promotion de l'application de l'évaluation environnementale stratégique aux projets.
Les représentants doivent s'assurer que les considérations environnementales s'intègrent convenablement à l'élaboration des projets. Lorsqu'un projet doit faire l'objet d'une décision par un ministre, et s'il ya lieu, les représentants doivent s'assurer qu'une évaluation des effets environnementaux potentiels de chacune des options de l'initiative proposée est réalisée. Les représentants consulteront, au besoin, les autres ministères et les organismes qui, en fonction de leur mandat et de leur expertise, peuvent les aider à évaluer les effets environnementaux de leurs projets de politiques, de plans et de programmes.
Les représentants des ministères et des organismes sont responsables de faire rapport sur leurs évaluations environnementales stratégiques de politiques, de plans, de programmes et de projets dans leurs rapports ministériels sur le rendement.
Environnement Canada fournira aux ministères et aux organismes, sur demande, des analyses et des conseils stratégiques, techniques et scientifiques spécialisés sur le développement durable et sur les effets potentiels des initiatives sur l'environnement.
L'Agence promeut, à l'appui du ministre de l'Environnement, l'application de l'évaluation environnementale stratégique aux projets de politiques, de plans et de programmes du gouvernement fédéral. Elle doit fournir, de concert avec les ministères et les organismes, de l'orientation et de la formation visant à améliorer la mise en œuvre de l'évaluation environnementale stratégique.
En vertu de la Loi sur le vérificateur général et de la Loi fédérale sur le développement durable, le commissaire doit superviser les efforts du gouvernement visant à protéger l'environnement et à favoriser le développement durable. Le Bureau du commissaire tient le gouvernement responsable de l'écologie de ses politiques, de ses activités et de ses programmes et doit examiner le progrès de la mise en œuvre de la Stratégie fédérale de développement durable.
Dans la mise en œuvre de la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, les ministères et les organismes doivent s'appuyer sur les principes suivants :
Intégration précoce - L'analyse des considérations environnementales devrait entièrement s'intégrer à l'élaboration des politiques, des plans ou des programmes. Pour appuyer une prise de décisions éclairées, conformes aux principes du développement durable, il convient de tenir compte des effets environnementaux, dès l'étape initiale de la conception d'un projet et avant la prise de décisions irrévocables. L'évaluation environnementale stratégique peut ainsi appuyer l'analyse des options et déterminer les questions et enjeux qui pourraient exiger une étude plus approfondie.
Examen des solutions de rechange - Un aspect crucial de toute évaluation environnementale stratégique est la possibilité d'évaluer et de comparer les effets environnementaux des solutions de rechange au cours de l'élaboration de nouvelles politiques, de plans ou de programmes. Cette comparaison aidera à déterminer la manière de modifier ou de corriger les politiques, les plans ou les programmes de façon à réduire les risques environnementaux.
Souplesse - Les ministères et les organismes peuvent déterminer la façon dont ils réaliseront leur évaluation environnementale stratégique. Ils sont invités à adapter et à perfectionner des méthodologies analytiques et des outils afin de tenir compte de leur situation particulière.
Auto-évaluation - Chaque ministère et organisme doit appliquer l'évaluation environnementale stratégique à ses projets de politiques, de plans et de programmes, au besoin, et déterminer la façon de mener une évaluation environnementale stratégique, de la réaliser et de faire rapport sur les conclusions.
Niveau approprié de l'analyse - La portée de l'analyse doit être proportionnelle au niveau des effets environnementaux prévus.
Responsabilité - L'évaluation environnementale stratégique devrait faire partie d'un processus ouvert et responsable de prise de décision au sein du gouvernement fédéral. La responsabilisation doit être promue, s'il y a lieu, au moyen de la participation des personnes et des organisations touchées, ainsi que par l'entremise de la documentation et des mécanismes de communication.
Recours aux mécanismes établis - Pour effectuer une évaluation environnementale stratégique, les ministères et les organismes doivent avoir recours aux mécanismes en place pour analyser les effets environnementaux, solliciter la participation du public, au besoin, et évaluer le rendement. Des mécanismes de communication établis devraient également être utilisés dans le cadre des déclarations sur les effets environnementaux.
Aux termes de la directive du Cabinet, les ministres s'attendent à ce qu'un projet fasse l'objet d'une évaluation environnementale stratégique en fonction des deux conditions suivantes :
Toutes les évaluations environnementales stratégiques devraient être réalisées en temps utile et de façon minutieuse. Tous les efforts devraient être faits par les ministères et les organismes pour prévoir la nécessité d'une évaluation environnementale stratégique et de la terminer bien avant l'achèvement d'un projet de politique, de plan ou de programme.
Les ministères et les organismes devraient également favoriser la réalisation d'une évaluation environnementale stratégique à l'égard d'autres projets choisis de politiques, de plans et de programmes, si les circonstances le justifient. Une initiative peut être choisie aux fins d'évaluation afin d'aider à mettre en œuvre la Stratégie fédérale de développement durable, ou s'il y a de fortes préoccupations du public concernant des incidences environnementales possibles.
Les lignes directrices générales présentées dans le présent document reposent sur des pratiques actuelles, éprouvées et efficaces, utilisées au sein des ministères et des organismes fédéraux.
Une évaluation environnementale stratégique doit être un processus écrit ou documenté qui respecte les éléments ci-dessous. L'Agence canadienne d'évaluation environnementale peut offrir une aide et un soutien supplémentaires aux ministères et aux organismes dans l'élaboration de leurs évaluations environnementales stratégiques.
Ces lignes directrices sont :
L'application de la directive du Cabinet met en jeu un processus à plusieurs étapes :
Une analyse préliminaire examine les projets pour vérifier s'ils comportent des effets potentiels et importants sur l'environnement, qui peuvent être soit positifs ou négatifs. Si des effets environnementaux importants sont déterminés, une évaluation environnementale stratégique doit être menée.
Les ministères et organismes doivent déterminer, dès le début de l'élaboration d'un projet, si la mise en œuvre des politiques, des plans ou des programmes proposés peut provoquer des effets environnementaux importants. L'accent devrait être mis sur la détermination des considérations stratégiques à une étape relativement générale ou conceptuelle plutôt que sur une évaluation quantitative et détaillée des effets environnementaux, comme lors de l'évaluation du projet.
Pour faire l'analyse, les ministères et organismes doivent :
Si l'analyse préliminaire détermine la possibilité d'effets environnementaux importants (se reporter à la définition du mot « effets environnementaux » dans l'annexe A), ou s'il y a un degré élevé d'incertitude ou de risque lié au résultat, une analyse des effets environnementaux devrait être faite au moyen d'une évaluation environnementale stratégique.
Si l'analyse ne détermine pas la possibilité d'effets environnementaux importants, il n'est pas nécessaire d'effectuer une analyse détaillée des effets environnementaux.
Pour effectuer l'analyse d'un projet, l'analyste peut utiliser une variété d'outils, notamment des matrices, des listes de vérification et des experts du ministère et d'autres ministères qui sont disponibles. Dans le cadre d'une analyse préliminaire, les ministères et organismes détermineront si :
L'évaluation environnementale stratégique n'est pas un processus complémentaire, mais plutôt un processus lié aux analyses économiques et sociales en cours. Une évaluation environnementale stratégique efficace ne peut s'effectuer de façon indépendante ou après coup. L'analyse des facteurs environnementaux doit reposer sur une approche itérative tout au long du processus d'élaboration des politiques et s'intégrer entièrement à l'analyse de chaque option élaborée, de façon à comparer les répercussions des solutions de rechange au projet. La recommandation finale doit s'appuyer sur les conclusions de l'évaluation environnementale stratégique.
L'évaluation environnementale stratégique doit aborder les considérations et questions suivantes :
Il arrive que certains projets de politiques, de plans ou de programmes ne fassent pas l'objet d'une évaluation environnementale stratégique. Ces cas spéciaux comprennent :
Les facteurs qui devraient aider les analystes à évaluer les effets environnementaux potentiels et à déterminer le niveau de détail approprié de l'analyse comprennent les suivants :
Les ministères et les organismes sont invités à mettre en place leurs propres sources de renseignements et leurs propres outils d'analyse, notamment la documentation pertinente, les évaluations environnementales stratégiques antérieures des projets de politiques, de plans ou de programmes, les conseils des experts provenant d'autres directions du ministère et des experts d'autres ministères fédéraux, les listes de vérification, les matrices et la modélisation, les scénarios de mise en place et l'analyse de simulation.
L'analyse des effets environnementaux potentiels doit préciser, au besoin, les préoccupations de ceux qui risquent le plus d'être touchés, de même que les parties intéressées (c'est-à-dire, les personnes qui ont un intérêt dans la politique) et le public. Grâce à la participation des parties intéressées, les décideurs peuvent, à une étape précoce, déterminer et aborder les préoccupations du public concernant un projet qui pourrait autrement mener à des retards ou au besoin d'une analyse plus approfondie plus tard dans le processus. Les parties intéressées et le public peuvent être une source importante de connaissances locales et traditionnelles concernant les effets environnementaux probables.
Les sources d'information sur les préoccupations du public peuvent comprendre :
La participation du public au processus d'évaluation environnementale stratégique devrait être proportionnelle à la participation du public à l'élaboration générale du projet en soi et devrait utiliser toute activité de participation du public qui est en cours. Si des documents publics sont préparés pour être utilisés dans le cadre d'un exercice de consultation, il est conseillé de les intégrer dans les résultats de l'évaluation environnementale stratégique pour aborder les préoccupations environnementales potentielles.
La préparation de rapports constitue une activité importante pour assurer un processus ouvert et responsable. Après la réalisation d'une évaluation environnementale stratégique, les ministères et les organismes doivent préparer une déclaration publique sur les effets environnementaux, y compris les incidences sur les objectifs et les cibles de la Stratégie fédérale de développement durable, dans le cadre d'une politique, d'un plan ou d'un programme qui a été approuvé ou annoncé. Les ministères et les organismes sont également encouragés à préparer une déclaration publique des analyses préliminaires.
Les ministères détermineront le contenu et l'étendue de la déclaration publique en fonction de la situation particulière de chaque cas. La déclaration a pour but de démontrer que les facteurs environnementaux ont été intégrés au processus décisionnel. Les déclarations publiques devraient être intégrées aux mécanismes de rapport actuels dans la mesure du possible.
Pour certains projets, notamment ceux qui génèrent des effets environnementaux négatifs importants ou qui suscitent de sérieuses préoccupations de la part du public, les ministères et les agences peuvent décider de rendre public un document traitant des effets environnementaux de façon détaillée, en plus de la déclaration publique des effets environnementaux. Le présent document vise à démontrer que les facteurs environnementaux s'intègrent au processus de prise de décision.
Les ministères et les organismes doivent faire un rapport sur l'étendue et les résultats de leurs pratiques d'évaluation environnementale stratégique dans leurs rapports sur les plans et les priorités et leurs rapports ministériels sur le rendement. Ces communications devraient inclure une description, dans les rapports ministériels sur le rendement, de la façon dont les plans, les programmes et les politiques faisant l'objet d'une évaluation environnementale stratégique ont eu ou devraient avoir une incidence sur le progrès vers les objectifs et les cibles de la Stratégie fédérale de développement durable. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les exigences en matière de production de rapports, les ministères et les organismes devraient se reporter aux lignes directrices établies par le Conseil du Trésor en ce qui a trait aux rapports sur les plans et les priorités.
Lorsqu'une évaluation environnementale stratégique a été achevée pour un projet de politique, de plan ou de programme, les ministères et les organismes feront un rapport sur les résultats en utilisant les Rapports ministériels sur le rendement et un des moyens suivants :
L'évaluation environnementale stratégique doit être acheminée aux :
Toute divulgation de renseignements est assujettie aux lois, aux règlements et aux politiques existants qui régissent la communication de ces renseignements.